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Pourquoi Tila D existe ?

(et pourquoi ça n'est pas un hasard ?)
11 septembre 2026 par
Mathilde Dupont



Tila D est une jeune marque. Mais elle porte sur ses épaules bien plus d'années que celles qui figurent sur son acte de naissance. Avant d'être une entreprise, Tila D a été trois femmes, trois façons de tenir une aiguille, et une conviction que j'ai mis longtemps à formuler avant d'oser la vivre.



Tila, celle que je n'ai jamais connue

Tout part d'un prénom : Mathilde. Le mien et celui de mon arrière-grand-mère, qu'on surnommait Tila. 

Je ne l'ai jamais rencontrée. Ce que je sais d'elle, je le tiens des histoires racontées autour de la table, des silences un peu admiratifs quand son nom revenait. Dans ma tête d'enfant, puis d'adulte, Tila est devenue une figure presque mythique : une femme naturellement élégante, courageuse, au caractère bien trempé, mais aussi bienveillante, droite, juste. 

Je ne peux pas vérifier si cette image est exacte. Ce qui est certain, c'est qu'elle m'a donné une direction : essayer, à ma façon, de perpétuer ce qu'elle représentait.



Annette, celle qui m'a mis une aiguille entre les mains

Ma grand-mère maternelle, Anne-Charlotte — tout le monde l'appelait Annette — a cousu et tricoté sous mes yeux pendant toute mon enfance. 

Elle était la couturière de la famille, celle aux doigts de fées capable de réaliser le vêtement qu'on avait imaginé ou de tricoter LE bonnet qui tiendrait chaud tout l'hiver. C'est elle qui m'a mis une aiguille entre les mains, d'abord sur des tapisseries d'enfant, puis sur du point de croix. 

Elle ne m'a pas seulement appris des techniques : elle m'a montré tout ce qu'il était possible de créer avec du fil et du tissu, et elle m'a transmis son amour du geste — celui qu'on répète, qu'on affine, qu'on ne bâcle jamais.



Thérèse, celle qui m'a appris l'exigence

Ma mère, Thérèse, cousait nos costumes de carnaval et d'Halloween. Mais ce qui m'a le plus marquée, c'est autre chose : sa manière de regarder un vêtement acheté en magasin. 

Elle vérifiait toujours les finitions — est-ce que les motifs se raccordent bien à la couture ? Les valeurs de couture sont-elles suffisantes ? Comment l'ourlet est-il fixé ? Y a-t-il une parementure ? À l'époque, je ne comprenais pas toujours pourquoi ces détails comptaient autant. 

Aujourd'hui, c'est ce regard-là que je porte sur chaque pièce qui sort de mon atelier.



Une envie qui ne m'a jamais quittée

Entre ces trois femmes, j'ai grandi en créant, sans même me poser la question de savoir si c'était "sérieux". 

Je dessinais des vêtements pour mes Barbies, je griffonnais des croquis de mode, et je me souviens de ces moments presque solennels où, avec Annette, il fallait choisir LE modèle qu'elle allait réaliser, LE tissu ou LE fil qui irait avec, se demander s'il fallait ajouter une broderie ici, un patch là. Plus tard, j'ai continué à expérimenter, seule cette fois, avec les pièces de ma propre garde-robe. 

Les gens qui me connaissent depuis longtemps ne sont pas surpris de ce que je fais aujourd'hui : ils me disent spontanément que je réalise le rêve que j'ai toujours annoncé — celui de créer des vêtements, un jour.



Le temps de la certitude

Je n'ai pas sauté directement de ce rêve d'enfant à l'entreprise. Je me suis formée — trois ans de stylisme-modélisme, une année de gestion — puis j'ai pris le temps d'explorer différents métiers autour du vêtement et du service : habilleuse, cheffe costumière, vendeuse en prêt-à-porter, et même l'horeca. 

Ce n'était pas un détour. 

C'était la manière dont j'ai vérifié, avant de me lancer, que l'envie d'entreprendre était la bonne et qu'elle allait durer. Aujourd'hui, je n'ai plus aucun doute : je suis à ma place.



Ce que je veux que Tila D apporte

Avec Tila D, je ne cherche pas simplement à habiller. Je veux que chaque pièce donne confiance — par son style et son confort — à celle qui la porte. 

Qu'elle puisse l'enfiler sans se demander si ça va aller, si ce sera confortable, si c'est le bon choix. 

Qu'elle se sente bien, tout simplement, et qu'elle puisse se concentrer sur autre chose que son vêtement.


C'est ça, l'héritage que je porte : l'élégance de Tila, le geste d'Annette, l'exigence de Thérèse — et l'envie, qui ne m'a jamais quittée, de les faire vivre dans chaque pièce que je couds.