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Tila qui ?

28 août 2025 par
Mathilde Dupont


Tila, c’était le surnom de mon arrière-grand-mère paternelle. Son vrai prénom, c’était Mathilde — comme moi. Et ce n’est pas un hasard si je porte ce prénom : on me l’a donné pour elle, pour qu’un peu de son héritage continue à vivre à travers moi.

Je ne l’ai jamais connue. Elle était partie bien avant ma naissance. Mais malgré cela, j’ai grandi entourée de sa présence. Une présence invisible mais bien réelle, faite de récits familiaux, de souvenirs racontés le soir avant de dormir, de valeurs transmises sans même qu’on s’en rende compte. Chez nous, on parle encore d’elle comme d’une figure essentielle, une femme marquante que personne n’a jamais oubliée.

Née au début du XXe siècle, Tila a été une femme de son temps — et en avance sur lui. Dans les années 1910-1920, elle a appris à naviguer entre ses obligations et ses limitations, à tirer le meilleur de ce que la vie lui imposait. Veuve pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a fait face à l’adversité avec une force admirable. Elle a tenu bon, elle s’est battue pour reconstruire sa maison, et plus encore, sa vie.

On me l’a toujours décrite comme une femme élégante — mais sans jamais en faire trop. Soignée, toujours impeccable, elle avait cette manière d’être qui impose le respect sans effort. Elle savait ce qu’elle voulait, et elle ne reculait devant rien pour l’obtenir. Une assurance tranquille émanait d’elle, une sorte de calme indestructible, comme si aucun problème ne pouvait vraiment l’ébranler. Elle avait cette élégance rare : celle de l’âme autant que du corps.

Mais ce qui revient le plus souvent quand on parle d’elle, c’est sa bienveillance. Une bonté profonde, sincère, jamais naïve. Elle pensait toujours au bien des autres, et veillait, à sa manière, à ce que chacun trouve sa place.

Aujourd’hui encore, sans l’avoir connue, je ressens l’impact qu’elle a eu — sur ma famille, et sur moi. Son histoire, sa force, son allure, sa bonté… Tout cela me guide. Elle est un repère lointain, mais solide. Et porter son prénom est pour moi un honneur. C’est une promesse silencieuse : celle de faire vivre, à ma manière ce qu’elle a été.